Connaissez-vous les légumes vivaces? Plantez une fois, récoltez pendant des années!

les légumes vivaces

Imaginez un potager généreux qui redémarre tout seul au printemps, sans que vous n’ayez à acheter de nouveaux semis, à retourner la terre ou à passer de longues heures à planifier vos rotations de cultures. Non, ce n’est pas un rêve de jardinier paresseux, c’est la magie des légumes vivaces!

Alors que la majorité de nos potagers en Montérégie sont dominés par des plantes annuelles comme les tomates et les concombres, les légumes vivaces s’installent pour de bon dans votre aménagement. Une fois bien implantés, ils reviennent année après année, demandant de moins en moins d’efforts tout en offrant des récoltes hâtives et ultra-nutritives.

Que vous soyez un jardinier débutant ou un passionné de longue date, découvrez comment transformer votre espace de vie avec ces plantes gourmandes et durables, parfaitement adaptées à notre climat québécois.

Pourquoi adopter des légumes vivaces dans votre jardin?

Cultiver des légumes perpétuels comporte des avantages exceptionnels, tant pour le jardinier que pour l’écosystème de votre terrain.
  • Une économie de temps et d’argent : vous achetez et plantez une seule fois. Fini le rituel annuel des semis intérieurs fastidieux pour ces variétés.
  • Les premières récoltes du printemps : les légumes vivaces sortent de terre bien avant que le sol ne soit assez chaud pour accueillir les annuelles. En mai, alors que le potager traditionnel est encore vide, vous récoltez déjà !
  • Des plantes ultra-résistantes : développant un système racinaire profond au fil des ans, elles résistent beaucoup mieux aux périodes de sécheresse et captent les nutriments en profondeur.
  • Une bénédiction pour le sol : puisqu’on ne retourne pas la terre pour les replanter, on préserve la structure du sol et la vie microbienne.

Les légumes vivaces incontournables pour la zone 5

Le climat de la Montérégie-Ouest correspond généralement à une zone de rusticité 5. Voici les valeurs sûres à installer chez vous dès cette saison pour un succès garanti au jardin.

1. L’asperge (Asparagus officinalis) : la reine du printemps!

Comment la cultiver : on l’installe idéalement sous forme de « griffes » (racines nues) ou de plants tôt au printemps. Elle demande un sol meuble, profond, très riche en matière organique et surtout, bien drainé.

Entretien et patience : la patience est la clé du succès. On ne récolte rien la première année, et très peu la deuxième, pour permettre à la plante de fortifier ses racines. Dès la troisième année, c’est le festin! À l’automne, laissez le feuillage vert (qui ressemble à des plumes) jaunir avant de le couper au sol. Ce joli feuillage délicat peut agrémenter vos bouquets de fleurs coupées pendant la saison estivale.

Asparagus officinalis

2. La rhubarbe (Rheum rhabarbarum) : l’acidulée généreuse

Incontournable des cours québécoises, la rhubarbe est une force de la nature. Ses immenses feuilles apportent en plus un côté esthétique et architectural au jardin.

Comment la cultiver : elle adore le plein soleil ou la mi-ombre et un sol frais, lourd mais riche. Donnez-lui de l’espace, car elle prend ses aises!

Entretien : c’est une plante gourmande. Un bon apport de compost ou de fumier composté au printemps fera son bonheur.

Attention

seules les tiges (pétioles) sont comestibles; les feuilles contiennent de l’acide oxalique et sont toxiques. Elles peuvent par contre être déposées au compost municipal sans crainte.

Rheum rhabarbarum

3. L’oignon égyptien (Allium proliferum) : le curieux bulbilleur

Aussi appelé oignon marcheur, cette variété est aussi amusante que délicieuse. Au lieu de produire des fleurs, le haut de la tige développe des grappes de petits oignons (bulbilles). Sous le poids, la tige plie, touche le sol, et les bulbilles prennent racine plus loin. L’oignon 

« marche » ainsi dans le potager!

Comment le cultiver : plantez les bulbilles à la fin de l’été ou au printemps dans un sol ordinaire et bien drainé. Ces oignons se retrouvent aussi sous forme de plants prêts à planter au printemps.

Entretien : pratiquement aucun. Vous pouvez consommer les tiges vertes comme des oignons verts au printemps, et les petits bulbes aériens à la fin de l’été pour vos marinades ou vos sautés.

Allium proliferum

Des suggestions inusitées pour surprendre vos voisins

Vous voulez sortir des sentiers battus et ajouter une touche d’originalité dans votre assiette? Voici deux légumes vivaces méconnus qui profiteront bien dans notre région.

1. Le chou marin (Crambe maritima)

Ce légume magnifique gagne à être connu. Visuellement, il ressemble à un chou d’ornement aux feuilles bleutées et ondulées, surmonté d’une superbe floraison blanche parfumée au miel en début d’été, qui attire les butineurs.

En cuisine : au début du printemps, on recouvre les jeunes pousses d’un contenant opaque pour les priver de lumière (on dit qu’on les « blanchit »). Les tiges deviennent blanches, tendres, et se dégustent cuites à la vapeur comme des asperges, avec un délicieux petit goût de noisette et d’iode. Toutes ses parties se mangent et ont un goût de chou. Au rayon des légumes, on lui trouverait des airs de famille avec le chou kale. Il est peu probable d’en trouver à l’épicerie, il faut le cultiver soi-même pour avoir le droit d’y goûter.

On peut cuire les têtes florales à la vapeur, comme des rapinis, semblables à des mini brocolis, en les cueillant avant l’ouverture des fleurs.

Culture : très rustique (zone 4), il adore les sols sablonneux et le plein soleil. Il fleurit habituellement à partir de la deuxième année suivant la plantation.

Crambe maritima

2. Le topinambour (Helianthus tuberosus)

Cousin du tournesol, le topinambour produit de grandes tiges de plus de deux mètres de haut ornées de jolies fleurs jaunes à la fin de l’été. Ce sont ses tubercules enterrés que l’on consomme (comme les pommes de terre).

En cuisine : récoltés à l’automne ou même tôt au printemps suivant après le dégel, ses tubercules ont une saveur fine qui rappelle celle de l’artichaut.

Mise en garde : le topinambour est extrêmement vigoureux. Si vous oubliez un seul petit morceau de tubercule en terre, il repoussera. Installez-le dans un coin reculé du jardin ou délimitez sa zone avec une barrière anti-rhizome pour éviter qu’il envahisse vos autres cultures.

Comment réussir l’implantation et l’entretien des légumes vivaces

Parce qu’ils vont rester au même endroit pendant plusieurs années, les légumes vivaces demandent une préparation de terrain un peu plus soignée que les annuelles.

La préparation du sol : la clé de la longévité

Désherbez impeccablement : c’est l’étape cruciale. Retirez méticuleusement toutes les mauvaises herbes vivaces (comme le chiendent ou le pissenlit) avant la plantation, car il sera très difficile de les déloger une fois les légumes installés.

Enrichissez abondamment : amendez votre sol en profondeur avec une bonne quantité de compost ou de fumier composté.

Paillez généreusement : appliquez une bonne couche de paillis (bois raméal fragmenté, feuilles déchiquetées ou paille) pour garder l’humidité, nourrir le sol et limiter la pousse des herbes indésirables.

L’entretien au fil des saisons

Pendant la première année, arrosez régulièrement pour aider le système racinaire à s’implanter solidement dans le sol. À l’automne, laissez la nature faire son œuvre : le feuillage qui sèche au sol sert de protection naturelle contre les rigueurs de l’hiver québécois. Un généreux apport de compost chaque printemps suffira à soutenir leur croissance pour toute la saison de croissance.

Conseil d’expert

« Pour intégrer les légumes vivaces chez vous, vous n’avez pas besoin de sacrifier votre potager traditionnel! Pensez à la permaculture et intégrez-les directement dans vos plates-bandes ornementales. La rhubarbe est magnifique en arrière-plan, les fleurs jaunes des topinambours masquent parfaitement une clôture moins esthétique, et le feuillage vaporeux des asperges apporte une texture incroyable parmi vos vivaces fleuries. C’est ce qu’on appelle joindre l’utile à l’agréable! »

Prêt.e à transformer votre espace de vie?

Ajouter des légumes vivaces à votre terrain, c’est faire un pacte avec l’avenir et s’offrir un succès au jardin presque sans effort pour les décennies à venir. Que vous craquiez pour la finesse des asperges printanières ou pour l’originalité du chou marin, chaque geste compte pour créer un environnement nourricier et résilient chez vous.

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FAQ (Foire aux questions)

Généralement non, car les variétés sélectionnées pour la zone 5 sont très rustiques. Le meilleur truc est de laisser le feuillage séché au sol à l’automne et d’ajouter une bonne couche de paillis ou de feuilles mortes pour protéger le système racinaire.

Tout à fait! La rhubarbe se divise et se déplace très bien, tôt au printemps (avant l’apparition des premières feuilles) ou en automne quand le feuillage fane. Utilisez une pelle bien tranchante pour couper la motte en sections contenant chacune au moins un bourgeon (un « œil ») et replantez-les immédiatement avec un bon apport de compost ou de fumier composté.

Puisqu’ils vont rester au même endroit pendant 10 à 20 ans, évitez le centre de votre potager annuel où ils nuiraient à la rotation des cultures. Installez-les plutôt en bordure du potager ou intégrez-les directement dans vos plates-bandes de fleurs au soleil!

Moins que les légumes annuels, mais ils restent gourmands! Un généreux apport de compost mûr ou de fumier composté chaque printemps (au moment du réveil de la végétation) suffit amplement à nourrir le sol et à assurer une excellente production pour toute la saison.

La patience est de mise! Ne récoltez rien la première année de plantation et très peu la deuxième afin de laisser les racines se fortifier. C’est à partir de la troisième année que vous pourrez faire une vraie récolte généreuse sur plusieurs semaines.

C’est possible pour certaines variétés comme l’oignon égyptien ou la rhubarbe (dans un très grand bac), mais ce n’est pas l’idéal. En pot, les racines sont beaucoup plus exposées au gel intense de nos hivers québécois. Pour un succès durable, la pleine terre reste toujours le meilleur choix.

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